Donation au conjoint afin d'éviter les droits de succession

Donation entre conjoints : avantages fiscaux et réduction des droits de succession

Donation au conjoint en Belgique : pourquoi la faire, quels avantages fiscaux, comment éviter les droits de succession ? (Guide 2025 ultra-complet)

La donation entre conjoints est l’un des mécanismes les plus sous-estimés en matière de planification successorale en Belgique, alors qu’il s’agit d’un outil juridique extrêmement flexible et fiscalement avantageux.

Contrairement à une donation classique, la donation au conjoint est révocable, ce qui en fait un instrument unique pour protéger son partenaire, équilibrer le patrimoine du ménage et réduire les droits de succession souvent élevés en Belgique, notamment en Wallonie et à Bruxelles.

Dans cet article ultra-détaillé, nous expliquons tout ce que vous devez savoir pour optimiser votre fiscalité et protéger votre famille grâce à une donation à votre conjoint.

  1. Donation entre conjoints : définition et fonctionnement

La donation entre époux permet de transférer des biens, de l’argent ou un patrimoine à son conjoint dans un cadre sécurisé.
Elle se distingue par une particularité essentielle : contrairement à toutes les autres donations, elle est révocable, sauf si elle est intégrée dans le contrat de mariage.

1.1 Pourquoi la donation entre conjoints est-elle révocable ?

La loi belge prévoit cette spécificité pour éviter qu’un époux se retrouve démuni en cas de rupture ou de conflit.
La révocabilité offre donc une double sécurité :

  • le conjoint bénéficiaire est protégé financièrement durant la vie commune ;
  • le conjoint donateur a la possibilité de récupérer les biens en cas de divorce, séparation ou changement de situation.

1.2 Donation par acte notarié ou non : quelles différences ?

  • Pour les biens mobiliers (argent, économies, placements…), un acte notarié n’est pas obligatoire, mais recommandé pour l’enregistrement fiscal.
  • Pour les biens immobiliers, l’acte notarié est obligatoire, avec paiement des droits de donation.
  1. Quels biens peut-on donner à son conjoint selon son régime matrimonial ?

Le type de biens que vous pouvez donner dépend du régime matrimonial :

2.1 Mariage sous le régime de la communauté

Vous pouvez uniquement donner vos biens propres, soit :

  • biens acquis avant le mariage,
  • biens hérités ou reçus en donation,
  • biens légalement considérés comme propres.

Les biens communs ne peuvent pas être donnés, car ils appartiennent aux deux époux.

2.2 Mariage sous séparation de biens

Vous pouvez donner tout votre patrimoine, y compris :

  • comptes bancaires,
  • propriétés immobilières,
  • titres, actions, épargne,
  • objets de valeur, etc.

Ce régime offre plus de flexibilité.

  1. Pourquoi faire une donation à son conjoint ?

3.1 Rééquilibrer un patrimoine déséquilibré

Dans de nombreux ménages, l’un des époux possède :

  • un héritage important,
  • une entreprise personnelle,
  • un patrimoine financier acquis avant le mariage.

La donation permet de réduire cet écart patrimonial tout en maintenant une possibilité de révocation.

3.2 Optimiser la succession et réduire les droits de succession

Il s’agit de l’un des avantages fiscaux les plus recherchés.

Quand vous faites une donation enregistrée à votre conjoint :

  • les biens donnés sortent définitivement de votre succession,
  • ils ne sont pas taxés au décès,
  • vous évitez des droits de succession pouvant atteindre jusqu’à 30 % selon les régions.

3.3 Protéger son conjoint en cas de maladie grave

Si vous êtes malade ou souhaitez anticiper votre succession, une donation permet d’assurer la continuité financière du ménage.

3.4 Préparer une transmission contrôlée vers les enfants

Les parents peuvent donner au conjoint, qui transmettra aux enfants plus tard, lorsque :

  • ils sont majeurs,
  • financièrement responsables,
  • capables de gérer un patrimoine.

3.5 Révoquer la donation en cas de séparation ou divorce

C’est un avantage énorme par rapport à une donation classique.
Vous pouvez récupérer :

  • argent,
  • biens immobiliers,
  • parts d’entreprise,
  • objets de valeur.
  1. Aspects fiscaux : droits de donation, droits de succession et période suspecte

La fiscalité est au cœur du sujet.

4.1 Donation enregistrée = aucun droit de succession sur les biens donnés

Si vous faites enregistrer la donation et payez les droits de donation :

👉 Les biens sont définitivement exclus de votre succession.

C’est la stratégie la plus courante pour réduire la facture fiscale future.

4.2 Attention : donations non enregistrées et période suspecte

Pour les biens mobiliers :

  • Wallonie : période suspecte = 5 ans
  • Bruxelles : période suspecte = 3 ans
  • Flandre : 3 ans

Si le donateur décède dans ce délai, la donation est ajoutée à la succession → taxation lourde.

4.3 Révoquer la donation juste avant le décès du conjoint

Si c’est votre conjoint (le bénéficiaire) qui risque de décéder :

👉 Vous pouvez révoquer la donation.
Les biens reviennent dans votre patrimoine sans taxation.

Résultat :

  • pas de droits de succession,
  • les enfants ne peuvent pas réclamer ces biens immédiatement,
  • le patrimoine reste sous votre contrôle.
  1. Pourquoi les donations entre conjoints restent-elles rares ?

Même si elles sont avantageuses, elles sont peu utilisées car :

  • les couples ne connaissent pas ce mécanisme,
  • ils ignorent qu’un simple transfert sur un compte commun peut être considéré comme donation,
  • ils pensent que « donation » = acte complexe ou définitif.

Pourtant, il s’agit d’un outil puissant et flexible.

  1. Avantages, inconvénients et précautions

6.1 Avantages

✔ Optimisation fiscale
✔ Réduction des droits de succession
✔ Rééquilibrage du patrimoine
✔ Protection du conjoint
✔ Révocable en cas de crise ou divorce
✔ Stratégie successorale souple
✔ Transmission progressive aux enfants

6.2 Inconvénients ou risques

⚠ Certaines donations compliquent les divorces
⚠ Une donation non enregistrée peut revenir dans la succession
⚠ Complexité si intégrée au contrat de mariage (irrévocabilité)
⚠ Nécessité d’un accompagnement professionnel

6.3 Conseils pratiques

  • Faites toujours vérifier la stratégie par un notaire.
  • Documentez l’objectif de la donation.
  • Enregistrez les donations mobilières si la réduction fiscale est la priorité.
  • Évitez de mélanger biens propres et biens communs.
  • Utilisez la donation pour optimiser la succession plutôt que pour compenser un conflit.

Questions – réponses

La donation entre époux est-elle taxable en Belgique ?

Oui, sauf si elle n’est pas enregistrée (biens mobiliers).
Mais si elle est enregistrée, elle permet d’éviter des droits de succession élevés.

Une donation au conjoint est-elle toujours révocable ?

Oui, sauf si elle est intégrée dans le contrat de mariage.
Dans ce cas, elle devient irrévocable.

Puis-je donner un bien commun à mon conjoint ?

Non.
Seuls les biens propres peuvent être donnés dans le régime de la communauté.

Faut-il un acte notarié pour une donation entre conjoints ?

  • Biens mobiliers : non obligatoire.
  • Biens immobiliers : obligatoire.

Conclusion : la donation au conjoint, un outil fiscal stratégique trop peu utilisé

La donation entre conjoints est sans doute l’un des outils les plus puissants de la planification successorale belge.
Elle permet :

  • d’optimiser la fiscalité,
  • de protéger le conjoint,
  • de préparer la transmission aux enfants,
  • tout en conservant un contrôle complet grâce à sa révocabilité.

Peu utilisée, elle mérite pourtant d’être envisagée par tous les couples qui souhaitent réduire leurs droits de succession et sécuriser la gestion de leur patrimoine.

L’équipe Crefinance

3% de droits d'enregistrement Wallonie

Le feu vert définitif à la baisse des droits d’enregistrement à 3%.

Réforme des droits d’enregistrement en Wallonie : Baisse à 3% dès janvier 2025 pour les Primo-acquéreurs

Le projet de décret wallon, qui prévoit une réduction significative des droits d’enregistrement à partir du 1er janvier 2025, a récemment obtenu l’aval définitif du Parlement wallon. Cette réforme majeure concerne non seulement la baisse des droits d’enregistrement, mais aussi une future réduction des droits de succession et de donation en 2028.

Baisse des droits d’enregistrement pour les Primo-acquéreurs

À partir du 1er janvier 2025, les acquéreurs d’une habitation propre et unique (également appelés Primo-acquéreurs) bénéficieront d’une réduction importante des droits d’enregistrement, qui passeront de 12,5% (ou 6% selon les cas) à seulement 3%. Ce changement vise à rendre l’acquisition d’un bien immobilier plus accessible, notamment pour les jeunes acheteurs et les familles qui souhaitent devenir propriétaires de leur résidence principale.

Conditions d’application de la réduction des droits d’enregistrement

Pour bénéficier de cette réduction des droits d’enregistrement à 3%, il est nécessaire de respecter certaines conditions :

  • L’acheteur doit être un Primo-acquéreur (propriétaire de sa première habitation).
  • Si l’acheteur est déjà propriétaire, il pourra néanmoins bénéficier de cette réduction à condition de revendre son ancien bien dans un délai de trois ans suivant l’acquisition de sa nouvelle résidence principale.

Cette mesure s’inscrit dans une volonté de favoriser l’accessibilité à la propriété tout en tenant compte de l’évolution des conditions de vie.

Réduction des droits de succession et de donation prévue pour 2028

En complément de cette réforme sur les droits d’enregistrement, le Parlement wallon a également approuvé une baisse progressive des droits de succession et de donation, qui devrait entrer en vigueur en 2028. Ces mesures visent à alléger la pression fiscale sur les familles et les héritiers, tout en encourageant la transmission de patrimoine.

Pourquoi cette réforme est-elle importante pour les acquéreurs ?

Cette réforme vise à rendre l’achat d’une première maison plus abordable pour les Primo-acquéreurs, en réduisant le coût initial de la transaction immobilière. En effet, la réduction des droits d’enregistrement à 3% représente une économie substantielle pour les jeunes acheteurs et les personnes souhaitant accéder à la propriété. Cette mesure contribuera également à stimuler le marché immobilier en Wallonie et à soutenir l’accessibilité à la propriété dans un contexte économique où la hausse des prix de l’immobilier pèse lourdement sur le pouvoir d’achat.

Contactez Crefinance pour des informations détaillées sur cette réforme

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur cette réforme des droits d’enregistrement, ou si vous avez des questions sur la manière dont elle pourrait impacter votre projet immobilier, n’hésitez pas à contacter Crefinance. Nous vous proposons une consultation personnalisée pour vous guider dans vos démarches et vous aider à profiter de cette opportunité.

Vous pouvez également prendre rendez-vous en visioconférence avec un de nos experts pour discuter de votre projet immobilier.


Droits de succession

Réduction droits de succession et donations immobilières

Une diminution importante des taux actuels est prévue pour les droits de succession.

À partir du 1er janvier 2028, la diminution des taux maximaux seront les suivants :

  • de 30 % à 15 % en ligne directe, entre époux et entre cohabitants légaux ;
  • de 65 % à 33 % en ligne collatérale « frères et sœurs » ;
  • de 70 % à 35 % en ligne collatérale « oncles ou tantes et neveux ou nièces » ;
  • de 80 % à 40 % entre toutes autres personnes.

Voici le nouveau tableau des taux de succession:

Les taux de droits de donations immobilières seront également réduits.

Ceci dans le but de conserver un intérêt pour ce transfert anticipé du patrimoine.

Cela permet un réinvestissement partiel dans l’économie.

Les taux maximaux passeront dès le 1er janvier 2028 :

  • de 27 % à 14% en ligne directe, entre époux et entre cohabitants légaux ;
  • de 40 % à 20 % entre toutes autres personnes (des frères et sœurs aux autres personnes).

Voici le nouveau tableau des droits de donations immobilières:

Différentes adaptations sont prévues :

  • En tenant compte des évolutions de la composition du ménage familial (famille recomposée). L’assimilation des enfants du conjoint/cohabitant légal du défunt (ou du donateur) sera élargie à tous les descendants afin permettre aux petits-enfants ou arrière-petits-enfants du conjoint ou cohabitant légal de bénéficier des taux préférentiels en la ligne directe pour les droits de succession (ou de donation immobilière).
  • Dans le même sens, les enfants intégrés au sein de familles d’accueil seront assimilés aux enfants biologiques du défunt et du donateur.
  • D’autres mesures sont prises en matière de droits de succession, la création d’un forfait optionnelle des frais funéraires et petites  créances du défunt pour simplifier les obligations des héritiers
  • Il est également prévu la suppression de la condition d’occupation de l’immeuble ayant servi de résidence principale au défunt et à son conjoint durant les cinq années précédant le décès afin de bénéficier des avantages fiscaux .

L’équipe Crefinance